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Le mensonge des USA à l'humanité

Publié le 19/06/2012 à 16:04 par afriquefederale Tags : monde chez cinema image argent nature horreur fond photos film

 

On a pas marché sur la Lune

 

En 1978, Peter Hyams s’attaque avec Capricorn One à une fameuse théorie du complot : l’Homme n’a jamais marché sur la lune. Depuis le 21 juillet 1969, « Ils » tentent de démontrer que l’aventure spatiale américaine constitue l’un des plus grands canulars historico-médiatiques du 20ième siècle.

 

 

capricorn_one 05.jpg

 

« Ils », ce sont ceux qui, pour l’amateur de complots, dirigent le monde, mais en sous-main, dictent sa destinée et la marche de l’Histoire, décident aujourd’hui d’assassiner Kennedy et fixent demain les bonus des traders. Vous ne les voyez pas, vous ne les connaissez pas non plus, mais « Ils » sont partout, comme les envahisseurs invisibles qui terrorisaient David Vincent dans la série télévisée éponyme créée par Larry Cohen à la fin des années soixante ou les insectes imaginaires de Bug de William Friedkin : au plus haut sommet de l’état, dans les cabinets ministériels, dans votre entreprise, derrière votre miroir, tout près de chez vous et sans doute même dans votre lit. L’horizon pathologique de tout complophile réside dans la croyance délirante d’une interdépendance globale des évènements, du plus grand au plus petit, et tient dans le fantasme d’une totalité aux ramifications multiples et dirigée par un mastermind invisible et surpuissant. Pour lui, un lien encore secret relie forcément les petits gris apparus au Nouveau Mexique en 1947 et le camion qui percuta la moto de Coluche en 1986. En cherchant bien, le 11 septembre 2001 a quelque chose à voir avec la secte du révérend Jim Jones et l’explosion de l’usine AZF rappelle étrangement celle d’un pot de yaourt survenu il y a trente ans dans un petit village du Venezuela. Relire ici les romans de Don De Lillo et les ouvrages canoniques du philosophe américain Fredric Jameson (The Geopolitical Aesthetic : Cinema and Space in the World System surtout, dont le premier chapitre a été traduit en français aux Prairies ordinaires sous le titre La Totalité comme complot) qui a montré comment, à l’ère de la décentralisation et du réseau généralisé, le complot « a retrouvé un second souffle, comme structure narrative susceptible de réunir les deux composantes fondamentales : un réseau potentiellement infini, ainsi qu’une explication plausible de son invisibilité ; en d’autres termes, le collectif et l’épistémologique ».

 

Tout récit conspirationniste débute toujours, à l’image de Loose Change 2 (affabulation exemplaire autour du WTC) ou des enquêtes hilarantes de Thierry Meyssan, par un déluge de faits, d’anecdotes et de témoignages apparemment indépendants mais dont « on » va fabriquer le rapport. Pour le fanatique de la théorie du complot, la moindre information est suspecte, la moindre image soupçonnée de truquage, en bref, le monde n’est pas ce qu’il semble être. Dès lors, toute information se retrouve jaugée à l’aune d’une approche systématiquement réticulaire des évènements et des signes. Ainsi, à la question « pourquoi y aurait-il un lien entre X et Y ? », le comploteur décrète de fait l’existence d’un lien (forcément secret) entre deux évènements à priori disjoints et s’interroge sur sa nature. D’où la puissance déstabilisatrice de cette rhétorique qui fait naître dans l’esprit faible une question artificielle à laquelle le complophile, tout armé de sa théorie farfelue, s’empresse de répondre.

Proche de la propagande totalitaire, telle que l’a analysé Hannah Arendt, la théorie du complot, cousine naturelle d’idéologies délétères, « établit un monde capable de concurrencer le monde réel, dont le grand désavantage est ne pas être logique, cohérent et organisé ». Elle exploite en effet un travers tenace de la psyché humaine : face à l’incomplétude du monde, face à une réalité parfois incompréhensible, on préfèrera toujours un récit cohérent, aussi délirant soit-il. Comme la nature, notre esprit a horreur du vide. Le complophile substitue donc à une réalité trouée et incertaine une fiction pleine et vraisemblable. Or qu’est-ce que le vraisemblable sinon le produit de ce qui du réel est désiré ? Si les faits sont vérifiables, ce qui les suture relève toujours de la fiction spéculative. C’est la manipulation centrale du genre : comme le paranoïaque, l’amateur de complots n’extrait de la réalité que la matière susceptible d’intégrer sa propre fiction, et rejette hors champ tout ce qui pourrait la contrarier. Pour lui, la vérité est ainsi un moment du faux, la manipulation un moment de l’interprétation et la réalité, un mensonge pas encore découvert. Le complophile ne cherche donc pas à imposer une vérité particulière – « Ils » lui suffit – qu’à produire la possibilité d’une puissance conspirante qui exploite notre méfiance réflexe à l’égard de tout système dominant et pallie à la complexité du monde. D’où l’impossibilité objective de contrer toutes ces théories : dans la bulle autiste du conspirationiste, la vérité ne s’oppose pas au mensonge mais l’amplifie. Par conséquent, aucune preuve, même la plus indiscutable, ne pourra jamais assécher le désir de complot puisque celui-ci se nourrit précisément de ce qui le contredit.

 

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En 2002 lorsque William Karel tourne un faux documentaire (Opération Lune) développant la thèse volontairement farfelue selon laquelle Stanley Kubrick aurait mis en scène la mission Apollo 11 pour le compte de la NASA dans des hangars secrets de la MGM, nombreux furent les tenants de la théorie du complot qui prirent ce canular vraisemblable pour argent comptant. Moralité : plus l’événement est vrai (la Shoah, la guerre du Golfe, les massacres du Rwanda, le 11 septembre, les premiers pas sur la Lune, etc…), plus il a de chances d’être faux. Dans un épisode hilarant de South Park, George Bush, contraint de s’expliquer sur la responsabilité éventuelle du gouvernement américain dans les attentats du 11 septembre, développe le paradoxe suivant : si, comme le croît à juste titre la majorité de la population, son administration n’a pas organiser la chute des tours, pour une partie de l’électorat conservateur, cet aveu sonne comme un aveu de faiblesse puisqu’il prouve l’incapacité de l’Amérique à maîtriser l’ensemble des évènements qui se déroule dans le monde.


capricorn.jpg

 

En 1977, Peter Hyams signe l’une des derniers fleurons de ces conspiracy movies qui ont fait les beaux jours du cinéma américain des années soixante et soixante-dix. Seconds, Un Crime dans la tête, Greetings, Conversation secrète, À cause d’un assassinat, Les Hommes du président, Winter Kills, La Théorie des dominos et autres Trois jours du Condor, soit autant de fictions paranoïaques produites par Hollywood en écho au scepticisme d’un peuple qui depuis le 22 novembre 1963 et l’assassinat de Kennedy, a perdu confiance en ses institutions et son pouvoir politique. L’affaire des papiers du Pentagone en 1971 et celle, retentissante, du Watergate un an plus tard ont amplifié le sentiment diffus d’une conspiration aux contours imprécis, organisant mais dans l’ombre, les grands évènements de ce monde. Parmi eux, le programme Apollo et ses différentes missions ont fourni la matière de l’une des théories du complot les plus délirantes du siècle dernier. Ainsi, aucune capsule de la NASA ne se serait jamais posé sur la lune, ni le 21 juillet 1969, ni plus tard. Les premiers pas engourdis de Neil Armstrong et de Buzz Aldrin, les images vidéo de la mission retransmises en direct depuis l’espace, les deux astronautes plantant le drapeau américain sur la surface de la Lune, le module insectoide sur fond opaque, tout cela aurait été mis en scène quelque part aux Etats-Unis, dans des décors dignes d’une superproduction hollywoodienne, comparable à celle que découvre Sean Connery au détour de son enquête dans Les Diamants sont éternels.

 

Pour ceux qui croient à cette hypothèse, le mobile est simple : la mise sur orbite du Spoutnik soviétique en octobre 1957 a contraint les Américains et la NASA, alors en pleine paranoïa anti-rouge, à fabriquer l’illusion d’une conquête de la Lune. Évènement hautement symbolique tant l’issue de la guerre froide semblait alors indexée à celle de l’espace. Et, comme dans toute théorie du complot, les preuves qui accréditent la thèse d’une conquête trafiquée font, depuis quarante ans, l’objet d’innombrables exégèses : pourquoi le drapeau américain a-t-il flotté à la surface de la Lune en l’absence d’atmosphère ? Si le module a effectivement atterri sur la Lune, pourquoi aucune trace de cratère ou de soulèvement de poussière dû à la flambée des réacteurs, n’est-elle visible sur les photos et les vidéos transmises par la NASA ? Pour quelles raisons ne discerne-t-on aucune étoile dans l’espace ? Comment expliquer qu’une dizaine d’astronautes soient décédés depuis 1969 dans des conditions jugées étranges ? Etc… Autant d’interrogations mille fois réfutées par des experts et des scientifiques de tous poils mais en vain.

Au moment d’écrire le scénario de Capricorn One en 1975, Peter Hyams (futur réalisateur de Outland) se souvient de son expérience de réalisateur de télévision, lorsque pour la chaîne CBS, il filmait en studio les simulations d’alunissage des missions Apollo. Convaincu qu’aux yeux du monde, l’événement ne tient au fond qu’à une confiance sans failles dans la réalité des images (photos et vidéos) et des témoignages d’une poignée d’astronautes, Hyams transpose la théorie du complot spatial de la Lune à Mars. Le film s’ouvre quelques minutes avant le lancement de la fusée Capricorn One en direction de la planète rouge. Soudain, les trois astronautes sont contraints de quitter le cockpit et transférés dans une base désaffectée de la Californie tandis que l’Amérique assiste, médusée, au décollage de l’engin. Là, ils découvrent une régie de contrôle parallèle, doublure secrète du centre de Houston dirigé par un certain Dr Kelloway (Hal Holbrook, « Gorge Profonde » dans Les Hommes du Président), et une réplique grandeur nature d’un bout de la surface de Mars. À l’occasion d’un monologue édifiant, Kelloway expose à ces astronautes éberlués, les motifs de la supercherie (maintenir intacte l’hégémonie américaine) et surtout sa nécessité : lassitude du public à l’égard des missions Appolo, budget pharaonique du programme spatial qui, pour l’aile démocrate du pays, empêche une politique sociale d’envergure – le film enregistre en filigrane le passage de la Nouvelle Frontière prônée par JFK en 1961 à la Frontière des inégalités défendue par Johnson, risque d’échec qui sonnerait le glas du programme spatial et remise en question de la volonté de puissance de l’Amérique, largement décrédibilisée par la débâcle du Vietnam. Après des mois de fausse mission au cours desquels les trois hommes ont consenti (un brin forcés) à jouer le jeu du canular, ceux-ci réalisent que le responsable du programme de substitution a décidé de les éliminer, afin de garder intact le secret. Le film quitte alors le terrain de la conspiration pour celui d’une course-poursuite classique entre des agents du gouvernement et les trois astronautes, perdus dans un désert inhospitalier qui, ironiquement, ressemble à la surface de Mars. L’intérêt principal de Capricorn One réside dans la façon dont il spécule sur un certain état du rapport des téléspectateurs aux images, un rapport de confiance naturelle, voir c’est croire, vérité et vraisemblable se confondent. Nous sommes dans les années 1970, les images disaient encore vrai. Aujourd’hui, cette question nous semble sans doute un peu caduque, tant la télévision n’est plus là pour produire du réel mais son impression.

JBT